chronique d’été – dis, quand reviendras-tu ?

Il y a un an, Corenthin Thilloy et Louis Zerathe, deux amoureux, ont vécu l’été à distance, l’un dans leur maison près de Limoges, l’autre parti en estive dans les Pyrénées. 
 
Cet été d’attente et de vies en parallèles a donné lieu à une correspondance poétique, drôle, tendre, impatiente, émouvante. L’un continue son job dans l’administration et fait quotidien en l’absence de l’aimé, l’autre vit une aventure nouvelle en montagne, aventure qui n’empêche pas le manque. 
 
« Je t’écris sous le vent qui charrie à chaque instant les voix que me font entendre les cloches à force d’y être exposé et dans lesquelles je ne parviens pas à trouver la tienne. 
Le vent qui charrie, à la crête, l’odeur de ces fleurs jaunes mais jamais la tienne.
(Je cherche mais je ne trouve pas, j’ai peur de ne plus me souvenir). »
 
Comme un long baiser sur les paupières, ce texte est constitué de lettres, plus ou moins courtes, que les deux hommes s’écrivent durant trois mois. Toute la subtilité de ce recueil vient du fait que ces lettres ne feront l’objet d’aucun envoi. Les deux ne se liront pas mais ne cesseront de s’écrire.
 
Et les lettres, sans être lues, se répondent, font leur chemin, rebondissent l’une sur l’autre tant l’alchimie opère entre les deux auteurs. Un dessin du chat, une photo des brebis viennent illustrer ce livre à la fraîcheur verte et bleue. Celles et ceux touché.es par exemple par les livres de Thomas Vinau ou encore de Mélanie Leblanc trouveront ici un chemin parfait où mettre les pieds nus dans la rosée. La prose est poétique, les images parlantes et la double narration sentimentale met beaucoup de baume à la vie. 
 
L’occasion d’une mention spéciale à cette si belle collection, « Le Moteur amour », de la maison d’édition Impression basée dans le Limousin. Quel merveilleux livre ! 
 
C’est le texte à embarquer dans sa poche de chemise, côté cœur, et à lire, relire, picorer tout l’été pour se rappeler que c’est beau, l’amour. 

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