cette manie d’enfermer les femmes.

Parce qu’il est plus que nécessaire de connaître l’histoire, de libérer la parole de nos aînées mais aussi de transmettre à la jeune génération le parcours de femmes privées de liberté afin que l’impensable ne puisse plus exister, parce que des livres comme ceux de Virginia Woolf, Sylvia Plath, Nellie Bly mais bien plus récemment de Stéphanie Dupays, Adèle Yon, Pauline Chanu, Alexandra Boilard-Lebfevre, Layla Martínez et bien d’autres sont des succès en librairies et des coups de cœur de la boutique, voici trois titres à rajouter à votre pile à lire :

  • Elles s’obstinent, elles obliquent, elles tempêtent chez Textuel est le résultat du travail photographique d’Agnès Geoffray né en prenant pour matière des images d’archives d’écoles de « préservation » pour jeunes filles considérées comme déviantes ou rebelles, écoles fermées en 1951. Avec l’historienne Vanessa Desclaux, elle livre un ouvrage beau, riche, intime, puissant autant dans le texte que dans l’image.

  • S’il est déjà question du Château de Cadillac dans le premier livre cité, Effacées s’intéresse à l’histoire carcérale du lieu puisque qu’avant d’être une école de « préservation », l’établissement cadillacais était une prison pour femmes durant tout le XIXème siècle. À partir d’images issues des archives départementales, Agnès Vatican et l’équipe dont elle s’entoure pour vous proposer ce catalogue d’exposition une rétrospective de 130 ans d’enfermement. Une approche historique de ce château-prison nécessaire mais terrifiante.

  • Autre forme d’enfermement mais pas des moindres, ces établissements psychiatriques traitant les troubles du comportement alimentaire (TCA) sur lesquels Marianne Fougère s’interroge dans son essai récemment paru L’Anorexie, pathologie du capitalisme ? également paru chez Textuel dans l’excellente collection « Petite encyclopédie critique ».Le livre a cette spécificité qu’il interroge les TCA sous un prisme nouveau, questionne une tentative de désobéissance et de réappropriation mais surtout dénonce avec intelligence la manière dont les femmes atteintes de TCA, car il s’agit majoritairement de (jeunes) femmes, sont prises en charge.

Méconnaissance du corps des femmes, main-mise sur leur santé physique et mentale, effacement de leurs personnalités & revendications, domination patriarcale et capitaliste, ces trois livres sauront vous livrer des pistes nouvelles pour continuer à défendre des droits jamais complètement acquis et mis à mal par une pensée fasciste bien trop présente actuellement.

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