en quête de sens.

En quête de sens.
 
Deux auteures à lire par le biais de leurs romans courts, aux personnages déstabilisés par les événements, dans des décors dépaysants, rugueux, poussiéreux. 
 
En découvrant les deux romans de Mariana Travacio publiés aux éditions Cambourakis, romans qui se répondent tout en se lisant séparément, vous découvrez une Argentine aride dans les terres comme dans les sentiments. Ces deux textes offrent un tourbillon de questions et d’émotions car, dans l’un comme dans l’autre, le récit vient réveiller des personnages engoncés dans leur vie, Lina et Reliario dans Tout ce qui meurt en avril, le groupe d’amis de Manoel dans Comme si le pardon existait. Si dans le premier roman, il s’agit de fuir sa maison pour trouver une terre nourricière, il s’avère que le second roman n’offre pas une quête d’eau mais une quête de vengeance. Deux romans d’ambiance dans lesquels s’agitent des personnages ayant soif d’action, de réponses, de changement, d’une vie meilleure et qui devront affronter la réalité de la cruauté du climat, de l’humain ou encore du labeur.
Le labeur, il en est question dans Charbonne, le premier roman de Aimée Barbera publié chez Phébus. Dans le bassin minier des Hauts de France, Frédérique cherche à honorer la mémoire de son père mort dans une explosion. Sa quête de mémoire, qui ne plaît à personne, va déterrer les véritables circonstances de l’accident qui a coûté la vie à de nombreux mineurs cinquante ans plus tôt. Là encore, les personnages se débattent avec leur passé, leurs croyances, leurs choix dans un décor industriel et briqueux. Ce décor qui prend une place folle rappelle sans cesse aux différents personnages leur condition de mortels. 
 
La jeune plume de Aimée Barbera vient heurter la plume experte de Mariana Travacio (brillamment traduite par Christilla Vasserot) et offrent un duo parfait à découvrir à la boutique pour un week-end de lecture à ressentir l’effort, les éléments et le fort désir d’en découdre. 
 
À vite !

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